Boîte à musique à manivelle en bois gravé
Bois brun foncé gravé, gâteau et « Happy Birthday » sous le couvercle, 18 notes, manivelle.
En bref
L'histoire de la boîte à musique commence à Genève en 1796. Cette année-là, l'horloger Antoine Favre remplace les timbres et les marteaux des petits carillons de montres par des lames d'acier qu'un cylindre fait vibrer (1). Le métier passe ensuite à Sainte-Croix, dans le Jura suisse, qui domine le monde à la fin du XIXe siècle.
| Année | Ce qui se passe | Source |
|---|---|---|
| 1796 | Antoine Favre invente à Genève la boîte à musique à peigne | (1) |
| 1802 | Isaac Piguet loge ces mécanismes dans des bagues, des cachets, des montres | (3) |
| vers 1815 | La boîte à musique se sépare de l'horlogerie | (1) |
| 1839 | Manufacture Paur et L'Épée à Sainte-Suzanne, dans le Doubs | (6) |
| vers 1860 | Genève produit environ 13 000 pièces et fait travailler plus de 1 000 personnes | (1) |
| 1860 | Crise horlogère : Sainte-Croix se tourne vers la boîte à musique | (1) |
| 1894 | Une quarantaine de fabricants à Sainte-Croix ; arrivée des boîtes à disque de Leipzig | (1) |
| vers 1910 | Le phonographe fait reculer la boîte à musique | (2) |
| 1995 | Il ne reste que trois fabricants dans la région de Sainte-Croix | (1) |
| 2020 | L'UNESCO inscrit la mécanique d'art de l'Arc jurassien, boîtes à musique comprises | (5) |
Avant Favre, une montre qui jouait un air le faisait avec des timbres et des marteaux, un mécanisme compliqué. Son idée : quelques lames d'acier, d'abord cinq selon le Dictionnaire historique de la Suisse, que des goupilles plantées sur un cylindre font vibrer (1). Il l'appelle « carillon sans timbre ni marteau » (3).
Le son est d'abord maigre. Les artisans ajoutent des lames, les mouvements grandissent, et vers 1815 la boîte à musique devient un métier à part (1). Dès 1802, Isaac Piguet en glisse dans des bagues et des cachets (3).
Une nuance : l'Encyclopædia Universalis parle d'une invention suisse probable dès les années 1770 (2). La date de 1796 est celle de l'invention attribuée et documentée.
Genève a les horlogers, donc les mains capables de pièces minuscules. Vers 1860, la ville produit environ 13 000 boîtes par an et fait travailler plus de 1 000 personnes (1).
Puis le métier monte dans le Jura. Les horlogers de Sainte-Croix s'y intéressent tôt, et la crise horlogère de 1860 les pousse à s'y consacrer. En 1894, une quarantaine de fabricants y dominent le marché, pour une production estimée à 4 millions de francs de l'époque (1).
Le travail y est découpé en gestes. Les piqueurs marquent sur le cylindre la place de chaque goupille, les goupilleuses les plantent à la main, puis un accordeur à l'oreille très exercée règle les peignes (1).
La France a eu sa grande manufacture. En mai 1839, Auguste L'Épée et le Genevois Pierre-Henri Paur fondent à Sainte-Suzanne, dans le Doubs, une manufacture de boîtes à musique. En 1859, elle sort 24 000 pièces par an (6).
En 1890, Sainte-Croix lance les boîtes à cylindres interchangeables. Mais en 1894 arrivent de Leipzig des boîtes à disque métallique, bon marché, qui conquièrent vite le public (1). Wikipédia attribue ce disque à Paul Lochmann ; Polyphon et Symphonion le produisent en série (3). Quelques fabricants suisses adoptent le disque, le perfectionnent et reprennent le marché (1).
Le fonctionnement des deux systèmes est détaillé dans comment fonctionne une boîte à musique.
Vers 1910, le phonographe rend la boîte à musique dépassée (2). Elle ne disparaît pas : après la Seconde Guerre mondiale, des industriels japonais la produisent à la chaîne et font chuter le prix des petits mouvements (1).
À la fin du XXe siècle, le Japon produit 55 à 60 millions de mouvements par an, la Chine 30 millions, et la région de Sainte-Croix et d'Yverdon environ 3 millions, surtout de grands mouvements de luxe (1). En 1995, trois fabricants y subsistent, dont Reuge SA (1).
Le savoir-faire n'est pas oublié. Le musée de Sainte-Croix (MuMAPS) réunit le Musée Baud, le CIMA et le Musée des arts et sciences, avec des collections « des boîtes à musique aux automates » (4). En 2020, l'UNESCO a inscrit le savoir-faire en mécanique horlogère et mécanique d'art de l'Arc jurassien, France et Suisse, qui couvre aussi les boîtes à musique (5).
| Mot | Ce qu'il désigne |
|---|---|
| Boîte à musique | Le Larousse : « coffret ou petit meuble renfermant un mécanisme qui joue des airs » (7) |
| Boîte à musique à peigne ou clavier | Le nom technique, d'après le peigne de lames (1) |
| Carillon sans timbre ni marteau | Le nom donné par Favre à son invention (3) |
| Boîte musicale | L'usage courant, synonyme |
| Automate | Un autre objet : un mécanisme qui bouge, musical ou non (5) |
Sur les petits modèles, une manivelle remplace le ressort (3). C'est la boîte à musique la plus simple : pas de clé, pas de régulateur, votre main donne le tempo. Notre boîte à musique à manivelle en bois gravé suit ce principe. Elle n'est pas ancienne : elle joue « Happy Birthday » et elle est fabriquée en Chine, l'un des deux grands producteurs de petits mouvements avec le Japon depuis la fin du XXe siècle (1).
Vous cherchez une vraie boîte d'époque ? Lisez boîte à musique ancienne : reconnaître, estimer, trouver.
Questions
Elle naît à Genève, chez les horlogers. En 1796, Antoine Favre remplace les timbres et les marteaux des carillons de montres et de tabatières par des lames d'acier qu'un cylindre à goupilles fait vibrer. La fabrication se développe ensuite à Genève, puis à Sainte-Croix, dans le Jura vaudois, qui la domine à la fin du XIXe siècle.
Antoine Favre, horloger genevois, en 1796, selon le Dictionnaire historique de la Suisse. Il avait présenté son invention sous le nom de « carillon sans timbre ni marteau ». L'Encyclopædia Universalis évoque une invention suisse probable dès les années 1770 : la date de 1796 est celle de l'invention attribuée et documentée.
Boîte à musique, tout simplement, ou boîte musicale. Les historiens parlent de « boîte à musique à peigne ou clavier ». Le premier nom, celui de Favre, était « carillon sans timbre ni marteau ». L'automate est un autre objet : il bouge, et ne joue pas forcément de musique.
Historiquement, la plus connue est celle de la manufacture L'Épée, à Sainte-Suzanne, dans le Doubs, créée en 1839. Elle produisait 24 000 pièces par an en 1859, selon l'Inventaire du patrimoine de Bourgogne-Franche-Comté. Notre boîte à manivelle, elle, n'est pas fabriquée en France : elle vient de Chine.
Parce qu'elles sont nées chez les horlogers de Genève, qui savaient faire des pièces minuscules et précises. Quand l'horlogerie de Sainte-Croix traverse la crise de 1860, ses artisans se tournent vers la boîte à musique. En 1894, une quarantaine de fabricants y dominent le marché mondial.
La boutique
Bois brun foncé gravé, gâteau et « Happy Birthday » sous le couvercle, 18 notes, manivelle.
Deux boîtes identiques, rien d'autre : 14,95 € la boîte.